Ce projet d’initiation au design intérieur résidentiel proposait la conception d’une mini-maison de 60 m³ pour Théodore, le protagoniste du film Her. L’habitation devait s’intégrer au Silo 5, dans le Vieux-Port de Montréal. Dans le film, Théodore, homme solitaire et introspectif, entretient une relation avec une intelligence artificielle qui le pousse à questionner ses émotions et sa manière de créer des liens.

Notre démarche a d’abord porté sur la compréhension du Silo 5, de son héritage industriel et des stratégies possibles pour y insérer une nouvelle construction. Nous avons ensuite analysé la personnalité et le mode de vie de Théodore à travers les palettes de couleurs, le mobilier et les espaces présents dans le film. De cette étude est né le concept « voir sans être vu », inspiré de la posture du personnage : observateur du monde, mais réticent à s’y dévoiler.

La mini-maison s’insère entre deux sections du Silo, de manière à rester discrète et partiellement dissimulée à la vue du public. Sa volumétrie simple et géométrique évoque le langage visuel du film. L’aménagement intérieur mise sur un mobilier intégré et multifonctionnel afin d’optimiser l’espace restreint. Le salon et le bureau, espaces clés dans la vie de Théodore, se combinent à une cuisine linéaire et à une salle de bain compacte. Le divan se prolonge en comptoir-repas et le bureau, légèrement encastré dans le sol, offre une vue sur le Vieux-Port, permettant à Théodore d’observer la vie urbaine sans y prendre part.

La chambre, lieu d’introspection, est orientée vers l’extérieur tout en préservant l’intimité. Le bas de la fenêtre teinté d’orange, couleur symbolisant les moments heureux du film, filtre la lumière et renforce l’ambiance chaleureuse. De fines ouvertures à l’arrière laissent passer la lumière sans révéler l’intérieur, traduisant la frontière entre le monde intime de Théodore et celui qui l’entoure.

Ce projet explore la tension entre isolement et connexion, entre observation et exposition. Par le jeu de la lumière, de la volumétrie et des usages, la mini-maison devient un reflet de la complexité émotionnelle de Théodore et de sa manière d’habiter le monde.

Gabrielle Giroux et Sarah Amrane.

Unseen